Rosheim se trouve là où les vignes alsaciennes rejoignent les premières pentes boisées des Vosges. La ville regarde vers la plaine d’un côté et le mont Sainte-Odile de l’autre; son centre médiéval reste celui d’une communauté vivante, non un décor figé. Les habitants fréquentent les commerces des rues anciennes, les associations et les services municipaux structurent la vie locale, et le marché du vendredi rassemble commerçants de bouche et artisans au cœur historique. Le visiteur découvre une cité dont l’identité romane se lit dans la pierre, mais dont l’histoire passe aussi par les fortifications, les mutations religieuses, le chemin de fer et une économie diversifiée.
Les populations de référence de l’Insee pour 2023 comptent 5 457 habitants municipaux sur l’ensemble de la commune et une population totale de 5 542, qui inclut les personnes comptées à part. Ces chiffres sont entrés en vigueur le 1er janvier 2026. Ils concernent la commune entière, pas uniquement le centre ancien. Rosheim est aussi le siège de l’intercommunalité qui rassemble huit communes voisines : un centre de services et d’emploi autant qu’une étape patrimoniale.
Un nom attesté, mais pas une date unique de fondation
L’histoire municipale indique une occupation du territoire dès la Préhistoire et relève la première mention écrite de Rosheim en 778, sous le nom de Rodashaim. Cette date est un jalon documentaire, non la preuve de l’année exacte de fondation. Des fouilles au Purpurkopf, tout proche, ont livré des céramiques romaines, mais la présentation municipale n’y voit ni la preuve d’un fort romain ni celle d’une fondation romaine de Rosheim. Les campagnes menées entre 2021 et 2023 ont plutôt mis au jour d’importants vestiges fortifiés, dont une grande tour rectangulaire datée du IXe siècle. Son rapprochement avec le nom Burckberck, cité dans un texte du XIe siècle, relève de l’interprétation actuelle; les recherches se poursuivent.
Au Moyen Âge, Rosheim s’organise en trois secteurs reliés : la Mittelstadt fortifiée au centre, la Niederstadt en contrebas et l’Oberstadt en hauteur. Une première enceinte protège le noyau dès le milieu du XIIIe siècle; environ un siècle plus tard, une seconde, plus vaste, englobe toute la ville. Les portes et tours conservées rendent ces étapes lisibles lors d’une promenade. Rosheim devient ville d’Empire en 1303 puis rejoint en 1354 la Décapole, ligue de dix villes impériales alsaciennes. Ces liens politiques contribuent à son développement sans faire de son histoire une prospérité continue : la guerre de Trente Ans provoque des destructions, puis la reconstruction du XVIIIe siècle comprend l’église Saint-Étienne et l’hôtel de ville.
Prendre le temps de lire le centre roman
Commencez par l’église Saints-Pierre-et-Paul, monument qui a donné à Rosheim son image de « cité romane ». La commune date l’essentiel de sa construction de 1132 à 1290 et met en avant le grès jaune local. Le clocher, achevé au XIIIe siècle, présente déjà de grandes ouvertures annonçant des formes gothiques. À l’extérieur, animaux et créatures fantastiques couvrent la pierre sculptée. L’interprétation municipale y voit des mises en garde contre le danger et la tentation; à l’intérieur, le décor s’apaise et laisse place aux figures humaines, notamment un chapiteau aux vingt et une têtes. Mieux vaut s’attarder sur les détails que passer seulement devant la façade.
À quelques rues de là, la Maison Romane apporte un contrepoint domestique à l’édifice religieux. Construite en 1154 et classée Monument historique depuis 1921, elle est présentée par la ville comme la plus ancienne maison conservée d’Alsace et l’une des plus anciennes de France. Ses murs épais évoquent une tour défensive, mais elle était avant tout une demeure installée sur un axe commercial. La cave servait au stockage, le premier étage à la vie quotidienne et le niveau supérieur aux réserves, parfois aussi au couchage. Une cheminée, des latrines et une grande baie géminée témoignent du confort d’un foyer médiéval aisé. L’identité des propriétaires n’est pas établie : les interprétations locales évoquent des notables, des représentants religieux ou de riches marchands sans nommer une personne précise.
La visite peut continuer à Saint-Étienne, où se rencontrent les strates médiévales et modernes de la ville. Une paroisse existait probablement dès le VIIIe siècle, mais l’église actuelle n’est pas ce premier édifice : sa devancière du XIIIe siècle fut presque entièrement démolie vers 1780, à l’exception du clocher roman. L’architecte Nicolas-Alexandre Salins conçut l’église de remplacement dans le style néoclassique, avec quatre colonnes doriques. Le mobilier de la fin du XVIIIe siècle réalisé par Jean-Baptiste Pertois et les statues de sainte Odile et de saint Arbogast donnent à l’intérieur une personnalité distincte. La ville propose des visites guidées associant les églises, la Maison Romane, les remparts et les maisons Renaissance; il faut réserver et vérifier les conditions d’accès.
Remparts, puits à six seaux et ville active
Le centre ancien se découvre comme un itinéraire plutôt que comme une liste de monuments. Les restes de l’enceinte intérieure se voient près de la porte de l’Horloge, de la porte de l’École et le long de la rue de la Marne; la porte de la Vierge, la porte du Lion et la tour Sainte-Marthe témoignent du second rempart. La place de la République réunit l’hôtel de ville et son singulier puits à six seaux. L’ancienne prison, bâtie en grès rose en 1885 près de l’ancien rempart intérieur, ajoute une autre époque au parcours, mais il convient de vérifier si la visite intérieure est possible. Le marché hebdomadaire s’installe le vendredi, environ de 7 h à 13 h, rue du Général-de-Gaulle, entre Saint-Étienne et la porte de l’Horloge. Bouchers, poissonniers, fromagers, maraîchers, traiteurs et artisans montrent la Rosheim d’aujourd’hui, au-delà de son image médiévale.
Les statistiques de l’emploi confirment que l’activité locale ne se limite ni au tourisme ni au vin. La répartition de l’Insee par lieu de travail en 2023 recense des emplois dans le commerce, les transports et les services, l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale, l’industrie, la construction et l’agriculture. Le premier groupe est celui du commerce, des transports et des services; l’industrie et la construction gardent une place substantielle, tandis que les documents de planification municipaux décrivent la viticulture et l’agriculture comme des éléments toujours présents du paysage et de l’économie. La position entre les coteaux viticoles et le corridor Strasbourg–Molsheim aide à comprendre ce mélange. Son identité réunit services de proximité, entreprises actives, patrimoine et paysage viticole.
Suivre l’ancienne voie ferrée vers les collines
Pour une sortie plus longue, la voie verte des Portes Bonheur, également appelée Chemin des Carrières, reprend l’ancien tracé ferroviaire de Rosheim vers Saint-Nabor. Le parcours de 11 kilomètres traverse les environs de Boersch et d’Ottrott, parmi des œuvres contemporaines dessinées par l’architecte Reiulf Ramstad, des vues dégagées et des milieux naturels variés. La ligne transportait autrefois la pierre des carrières de Saint-Nabor vers la plaine; sa reconversion transforme cette histoire industrielle en promenade à pied, à vélo ou sur roues. L’office de tourisme local renseigne sur la location de vélos, l’état du parcours et les boucles voisines. Prévoyez le retour ou une boucle à l’avance.
Le Purpurkopf, dans les bois, constitue une autre sortie pour qui s’intéresse à l’archéologie, mais il ne faut pas le présenter comme un site romain élucidé : les fortifications du IXe siècle forment le principal résultat connu à ce jour et l’étude continue. Le mont Sainte-Odile, les villages de la Route des Vins, Boersch, Ottrott, Obernai et Molsheim élargissent le séjour. Strasbourg est la principale connexion urbaine. La halte de Rosheim dispose de distributeurs TER, d’un abri vélo fermé et d’un parking gratuit, mais pas de guichet. Des TER directs la relient à Strasbourg; le calculateur SNCF affichait environ 31 minutes pour un trajet direct le 12 octobre 2026, avec des durées variables selon le train. Vérifiez les horaires et les informations de circulation avant de partir. Une journée suffit pour une découverte rapide, mais le parcours historique, le marché, la voie verte et les villages viticoles voisins donnent envie de prolonger l’étape.
Rosheim in three films: Romanesque heritage, a medieval home and the old railway path
France 3 Grand Est visits the Maison Romane during the 2023 European Heritage Days and follows a guide through the stone house built in 1154. The report helps viewers understand how an exceptional medieval residence worked as a home, with its levels and surviving architectural features. It is a focused heritage feature, not a promise that the house is open every day; check the town’s current visitor schedule before planning an interior visit.
The Mont Sainte-Odile intercommunal tourist office introduces the Portes Bonheur greenway, a former railway route between Rosheim and Saint-Nabor, through Boersch and Ottrott. The one-minute film highlights the path’s combination of nature, art and industrial heritage. It is useful for choosing a different pace after the old town, but it does not replace current route-condition information or a map for the return journey.