Andlau se tient à la charnière entre les premiers reliefs des Vosges et la plaine viticole alsacienne. La rivière qui descend de la vallée lui a donné son nom : les vignes gagnent les coteaux ensoleillés, tandis que la forêt commence derrière les toits. Barr, la ville plus importante la plus proche, est à environ trois kilomètres. On peut parcourir Andlau à pied, mais on y rencontre aussi une commune habitée, des commerces, des vignerons et des services de proximité : le patrimoine n’a pas effacé la vie quotidienne.
L’Insee recense 1 757 habitants municipaux pour l’ensemble de la commune en 2023. Ces populations de référence sont entrées en vigueur le 1er janvier 2026 ; elles concernent le territoire communal et non le seul centre ancien. En quelques rues, le visiteur passe d’une abbaye médiévale à une demeure Renaissance, longe des maisons à pans de bois, puis rejoint les vignes et les chemins forestiers qui conduisent à deux châteaux ruinés.
Une abbaye fondatrice, entre archives et légende
Le récit le plus connu commence avec Richarde, épouse du souverain carolingien Charles le Gros. Elle fonde ici une abbaye de femmes en 879 ou 880. Une fouille préventive réalisée au sud de l’église abbatiale apporte un témoignage matériel : des vestiges confirment une première construction à la fin du IXe siècle. À partir de la seconde moitié du XIIe siècle, un ensemble conventuel plus vaste s’organise autour d’un cloître. Les archéologues ont relevé au moins quatre pièces ; une grande salle au sud pourrait correspondre au réfectoire et une autre, avec foyer maçonné, aurait servi de cuisine. Les bâtiments changent au fil des siècles ; le cloître disparaît au début du XVIIIe et l’abbaye, comme institution, est démantelée pendant la Révolution.
L’ourse associée à Richarde relève de la légende, non de la preuve historique. La tradition raconte que l’animal lui aurait montré l’endroit où établir le monastère. Elle explique pourquoi l’ours s’est imposé dans l’iconographie d’Andlau, mais l’archéologie documente la fondation autrement. Dans la crypte se trouve bien une ourse en grès, objet médiéval à l’origine de cette présence familière dans les rues et les récits du village.
L’église abbatiale, consacrée aux Saints-Pierre-et-Paul et appelée aussi Sainte-Richarde, se découvre mieux en prenant le temps de faire le tour du bâtiment. Le pape Léon IX la consacre en 1049. Le porche roman et sa longue frise sculptée forment le repère le plus visible ; la crypte du XIe siècle ouvre une autre échelle, plus intime. La Vierge des XVe–XVIe siècles et la chaire datée de 1703 témoignent des transformations successives du lieu. L’accès libre est annoncé comme gratuit ; les groupes peuvent demander une visite guidée sur rendez-vous. Il est préférable de confirmer les conditions d’ouverture avant de venir.
Lire le centre ancien à hauteur de rue
La place de la Mairie constitue un départ naturel pour le circuit des anciennes fortifications. Des panneaux jalonnent le parcours et éclairent la croissance de la cité autour de l’abbaye, puis les rapports avec les seigneurs d’Andlau. Les ruelles révèlent des façades en pierre ou à pans de bois, la tour des Sorcières du parc Richmond, la maison et la fontaine Sainte-Richarde et la chapelle Saint-André. Un chemin longe l’Andlau ; la commune signale également un sentier de la grotte. Un plan touristique gratuit se trouve à la mairie et chez des commerçants et viticulteurs.
Sur la place, La Seigneurie donne une clé de lecture du Pays de Barr. La demeure, construite en 1582–1583 par un membre de la famille d’Andlau, conserve des pignons Renaissance et une tourelle d’escalier polygonale. Le commanditaire n’est pas identifié avec certitude : les armoiries sculptées ont été martelées et les sources disponibles ne permettent pas d’attribuer la construction à un nom précis. Le bâtiment accueille désormais un centre d’interprétation de 700 m². Maquettes et dispositifs interactifs abordent l’architecture, l’art religieux, la viticulture, les métiers et les paysages de la région. Le parcours a été renouvelé en 2023. La visite est particulièrement utile avant de partir vers les monuments et les coteaux ; les jours d’ouverture et les conditions d’accueil évoluent, consultez les informations récentes.
Trois grands crus et une économie de proximité
Le vignoble est une activité agricole, pas seulement un décor. La commune distingue prudemment les indices de la certitude : une présence de la vigne à l’époque romaine est possible, tandis que les coteaux exposés au sud sont cultivés de manière attestée depuis le VIIe siècle. Des écrits du XIe siècle vantent le terroir ; les abbayes d’Andlau et d’Altorf développent ensuite une activité viticole et commerciale. En 1852, Jean-Louis Stoltz, médecin installé dans la commune, publie une Ampélographie Rhénane qui contribue à classer les terroirs alsaciens. Le ban communal comprend trois Grands Crus : Kastelberg, Moenchberg et Wiebelsberg. La géologie et l’exposition varient d’un coteau à l’autre ; le riesling domine, accompagné selon les parcelles par le pinot gris, le gewurztraminer ou le muscat. Les vignes sont travaillées toute l’année : restez sur les chemins, laissez la priorité aux véhicules agricoles et ne cueillez pas les grappes. Plusieurs caves accueillent les visiteurs ; mieux vaut convenir d’une dégustation à l’avance.
Les statistiques rappellent qu’Andlau ne vit pas du seul tourisme. L’Insee dénombre 160 établissements économiquement actifs en 2023, dans le commerce, les transports, l’hébergement et la restauration, la construction, les services spécialisés, l’administration, l’éducation, la santé, l’industrie et d’autres activités. Le répertoire municipal recense une épicerie, une boulangerie, une boucherie, une pharmacie, des restaurants et des domaines viticoles. Le marché hebdomadaire est annoncé au parc Richmond le jeudi, de 16 h à 19 h. Pour un séjour, ces services permettent de conjuguer visites, repas et provisions sans rejoindre systématiquement une ville plus grande.
Deux châteaux et des itinéraires vers les Vosges
Au-dessus des vignes, le Haut-Andlau et le Spesbourg forment l’étape forestière du séjour. La première mention écrite du Haut-Andlau remonte à 1274 ; les historiens situent sa construction vers 1250–1264. Ses deux tours encadrent le logis seigneurial. Le Spesbourg, autre château médiéval, domine également les bois alentour. Depuis le village, la commune estime la marche à environ une heure et demie, par le col du Crax et le Kastelberg ou par la rue du Château. Un accès plus court part du parking du Hungerplatz et suit un sentier balisé pendant une vingtaine de minutes. Le terrain des ruines est irrégulier et parfois exposé : suivez le balisage, ne grimpez pas sur les murs et vérifiez les éventuelles fermetures ou les travaux de restauration.
La Route des Vins d’Alsace et la véloroute du vignoble, intégrée à l’EuroVelo 5, traversent Andlau ; les marcheurs peuvent aussi rejoindre le GR 5 et la partie alsacienne du chemin de Saint-Jacques. La gare la plus proche est à Eichhoffen, sur la ligne Strasbourg–Obernai–Barr–Sélestat. La Seigneurie se trouve à 3,1 km de la gare ; son site estime le trajet à environ 35 minutes à pied ou 10 minutes à vélo. Depuis Strasbourg, un train régional vers Obernai et Barr permet d’approcher le village, puis il faut organiser le dernier parcours depuis Eichhoffen. Les horaires et correspondances varient : vérifiez-les le jour du déplacement. Barr, Mittelbergheim, Itterswiller et les coteaux voisins prolongent naturellement la découverte.
Andlau in three videos: village, castle and heritage centre
Skypic identifies this short film as a production for the Amis du Château d’Andlau association. It focuses on Haut-Andlau, whose twin towers and forest setting make it a defining landmark above the vineyards. The film is useful for appreciating the ruin as a place, but it does not replace current route or safety information: access is on foot, conditions can change, and visitors should follow local signs.
The Pays de Barr tourism channel introduces the heritage centre in the Renaissance building now called La Seigneurie. Its description highlights the permanent 700-square-metre exhibition on architecture, viticulture and crafts. The video uses the institution’s former name, Les Ateliers de la Seigneurie, because it predates the 2023 renewal; visitors should use the current official site for opening times and bookings.