Fouchy ne se résume pas à une place bordée de maisons. L’habitat s’étire depuis le fond du vallon du Giessen vers les pentes boisées du Guichat et du Rougerain ; au sud, la commune gagne une crête qui partage les eaux entre le Val de Villé et le Val de Lièpvre. L’église marque le centre du village et son clocher élevé se voit de loin. Cette relation entre ruisseau, versants et forêt donne au lieu sa tonalité : un village rural habité, dont le paysage se découvre particulièrement bien à pied.
Une commune modeste, plusieurs formes de nom
L’INSEE recense 635 habitants municipaux en 2023 dans la commune administrative de Fouchy, code 67143. Il s’agit du périmètre communal, et non de toute la communauté de communes du Val de Villé ; la densité était de 80,7 habitants au kilomètre carré. Les noms anciens témoignent des langues de la région : l’office de tourisme relève Grube en allemand, Grüeb en alsacien et Fosche en dialecte welche. Il cite aussi Groba dans une charte du début du XIIIe siècle, tout en signalant que certains chercheurs en contestent l’authenticité. Le rapprochement possible de Fosche avec un mot local signifiant « fossé » reste une hypothèse. La forme française actuelle est associée à la période postérieure à la guerre de Trente Ans, sans que la date exacte du changement soit établie.
La forêt, lieu de travail et de promenade
Le bois a façonné les métiers autant que le paysage. Sur le chemin patrimonial Une forêt en pays Welsche, un sabot sert de balise : comptez environ quatre kilomètres et deux heures trente. Les panneaux racontent les savoir-faire du sabotier, du perceur de tuyaux et du faiseur de bardeaux, qui fendait de petites pièces de bois pour les couvertures. L’itinéraire traverse une forêt aux essences variées et propose des tables de pique-nique. Il invite à lire la forêt comme un milieu de vie et de travail, pas seulement comme un décor.
Au pied des premiers lacets vers le col de Fouchy se trouve la modeste chapelle de Noirceux. L’inventaire du ministère de la Culture date sa construction de 1860 et décrit une nef unique avec tour-porche ; il précise que son histoire est imparfaitement connue. Le récit d’une croix remplacée après des apparitions dans les années 1840 relève d’une tradition rapportée, pas d’une preuve établie. Vérifiez son accès le jour de votre passage.
Des rochers et un chemin de mémoire
Depuis le col de Fouchy, une randonnée balisée de difficulté intermédiaire fait 7,8 kilomètres, avec 258 mètres de dénivelé positif et environ trois heures de marche. Elle passe près du Rocher de la Salière et de la Roche du Cheval Tombé ; de bonnes chaussures sont recommandées. Plus longue et plus exigeante, la liaison entre le col d’Urbeis et le col de Noirceux couvre 14,05 kilomètres. Ses panneaux et bornes évoquent l’ancienne frontière, les filières d’évasion et la libération de 1944. Le relief demande une vraie préparation. Une série de témoignages filmés ajoute les souvenirs de Freddy Dietrich, habitant de Fouchy, sur l’Occupation, la Libération et la vie du village ; ce regard complète les repères du sentier sans les remplacer.
L’INSEE indique 73 emplois au lieu de travail en 2023 et 17 établissements employeurs à la fin de 2024. À cette petite échelle, agriculture et sylviculture appartiennent encore au cadre local et à sa mémoire, aux côtés du commerce, des transports, des services et de la construction. Ces chiffres décrivent les établissements implantés dans la commune, pas tous les métiers des habitants ni leurs déplacements quotidiens.
Préparer son passage
Fouchy fait partie du Val de Villé. Les chemins ouvrent vers le Val de Lièpvre et la gare de Sélestat. Le transport à la demande ELSA dessert Fouchy et permet une correspondance avec la ligne Villé–Sélestat ; il faut réserver. La mairie se trouve au 114 rue de l’École. Avant le départ, vérifiez réservation, horaires, balisage, état des sentiers, météo et accès à la chapelle : services et conditions évoluent.