Pesmes se comprend à deux niveaux. Le bourg ancien occupe une hauteur calcaire au-dessus de l’Ognon ; en contrebas, la rivière contourne des jardins, d’anciens moulins et les bâtiments des forges. Depuis les rues hautes, on voit pourquoi le site avait une valeur défensive. Depuis la berge, une autre histoire apparaît : celle d’un paysage de travail où l’eau a fait tourner des machines et rythmé la vie quotidienne. Les rues sont étroites et pentues, ponctuées de petites places et de passages appelés localement des trajes. Il faut les parcourir lentement : une porte ou une cour surgit au détour d’un angle, puis la pente s’ouvre sur la vallée.

Pesmes est une commune de Haute-Saône, en Bourgogne–Franche-Comté. L’Insee compte 1 083 habitants dans la population municipale de référence 2023 ; ce chiffre concerne toute la commune, et non le seul centre ancien. Publié en décembre 2025, il est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Le village appartient à l’association Les Plus Beaux Villages de France ; l’office de tourisme le présente également comme Petite Cité Comtoise de Caractère et Station Verte. Ces distinctions parlent du patrimoine et du cadre naturel, mais l’intérêt concret tient aussi à la possibilité de relier à pied le bourg, la rivière et l’ancien quartier industriel.

Une place forte au-dessus de l’Ognon

Le paysage bâti a un caractère médiéval marqué, sans qu’il soit nécessaire d’en faire une fondation romaine. Le château et le bourg seigneurial se sont développés sur le rocher qui domine le passage. L’ensemble visible a été remanié à plusieurs époques ; les informations touristiques régionales décrivent comme une forteresse du XVIe siècle le château qui domine aujourd’hui la rivière. Au XIIe siècle, le bourg s’étend autour de l’église Saint-Hilaire ; plus tard, murs, portes et maisons resserrent l’habitat sur la crête. La porte Saint-Hilaire et des fragments de l’enceinte permettent encore de comprendre cette organisation.

L’office de tourisme rapporte un épisode spectaculaire de 1477 : des soldats français de Louis XI seraient entrés derrière des charrettes de vivres, profitant de l’ouverture de la porte aux convois. C’est un récit local attaché à un accès bien réel, à présenter comme la tradition pesmoise sur la prise de la ville plutôt que comme une scène dont chaque détail serait établi. Une autre visite royale est datée avec précision dans le récit patrimonial : Louis XIV séjourna au château le 15 février 1668, alors que la Franche-Comté était en passe d’être rattachée à la France. La formule qui lui est attribuée — « digne d’un roi » — est devenue une part de la mémoire locale.

Saint-Hilaire et ses œuvres

L’église Saint-Hilaire n’appartient pas à une seule époque : sa construction s’étend du XIIIe au XVIe siècle. L’inventaire patrimonial régional attire l’attention sur cinq chapelles, des sculptures et un décor en marbre polychrome provenant de Sampans, dans le Jura. Denis le Rupt est crédité du travail de marbre de la chapelle d’Andelot ainsi que de la chaire. Dans le chœur, un triptyque daté de 1561 est attribué au peintre pesmois Jacques Prévost. Ces œuvres relient les commandes locales aux réseaux artistiques de Bourgogne et de Franche-Comté. L’accès intérieur peut varier : mieux vaut se renseigner avant de bâtir toute sa visite autour de l’église.

Autour de l’édifice, la Maison Royale et l’hôtel Château-Rouillaud figurent parmi les demeures du XVIe siècle signalées par l’office de tourisme. La pierre, les cours et leur implantation sur la crête racontent la cohabitation des pouvoirs religieux, seigneuriaux et municipaux. Plutôt que d’aller d’un monument au suivant, prenez les ruelles parallèles à la pente et revenez par un autre passage. La relation changeante entre les toits, les murs et la rivière fait partie des expériences les plus singulières de Pesmes.

Des forges au musée vivant

L’histoire industrielle se découvre en aval, dans un méandre de l’Ognon. L’Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté fait remonter les forges aux lettres patentes du 31 janvier 1660, lorsque Philippe IV d’Espagne autorisa Charles de la Baume, marquis de Saint-Martin, à établir un fourneau et une forge destinés à la fabrication d’armes. Le site fournit ensuite du fer et des outils à d’importants centres militaires et manufacturiers. La production évolua avec les marchés : hauts-fourneaux et affinage laissèrent place à la taillanderie, notamment aux sécateurs et aux outils agricoles. L’activité industrielle prit fin en 1993, après plusieurs siècles de transformations et de changements de propriétaires.

L’ancienne forge est aujourd’hui un musée, inauguré en 1998 dans le bâtiment d’un haut-fourneau. La collection rassemble une cinquantaine de machines — presses, marteaux, cisailles, fours et autres équipements — présentées dans leur lieu de travail. L’ensemble raconte aussi les relations sociales de l’usine : demeure du maître de forges, logements ouvriers et ateliers subsistent dans le même paysage. Une centrale hydroélectrique continue par ailleurs d’utiliser l’énergie du cours d’eau. Des visites commentées sont proposées, mais le calendrier est saisonnier et peut changer ; vérifiez les dates et les réservations avant de vous déplacer.

L’Ognon a rendu possibles d’autres activités que la métallurgie. Des moulins fonctionnaient dans la vallée et Pesmes appartenait à un paysage viticole. L’office de tourisme évoque les vignes et les maisons dotées de caves, indices d’une économie ancienne qui a marqué la forme des rues et des bâtiments. Aujourd’hui, l’agriculture reste présente dans le cadre rural, aux côtés de petits commerces, de services, d’activités de visite et d’initiatives culturelles. La mairie tient un annuaire des commerces et professionnels ; une inscription ne garantit pas l’ouverture le jour de votre passage, alors téléphonez pour un besoin précis.

Marcher, pédaler ou découvrir la rivière

Le circuit balisé « Du martin-pêcheur aux remparts » relie le bourg ancien au site des forges. L’office de tourisme le décrit comme facile, sur 6 kilomètres et environ deux heures. C’est une bonne façon de comprendre le lien entre la hauteur et la berge, sans isoler les bâtiments industriels du reste de la visite. À vélo, la Boucle des Forges propose un parcours rural d’environ 31 kilomètres autour de Pesmes ; consultez la carte et les conditions avant le départ.

À la belle saison, le camping situé au pied du village permet de louer des canoës et des paddles sur l’Ognon. Depuis l’eau, la crête de pierre et les remparts forment une silhouette continue, plutôt qu’une succession de façades. Le camping et les activités nautiques sont saisonniers ; le débit du fleuve et la météo peuvent aussi modifier les sorties. Confirmez la disponibilité et les consignes de sécurité avant de réserver. La pêche et les promenades au bord de l’eau offrent des options plus tranquilles. L’Ognon reste un milieu naturel : respectez la réglementation et ne supposez pas que chaque rive est un lieu de baignade autorisé.

Pour une courte étape, prévoyez le bourg haut, Saint-Hilaire et les vues depuis les remparts. Une journée complète peut ajouter le musée des forges et le chemin de berge ; dormir dans le secteur permet d’envisager une sortie à vélo ou en canoë. Le bureau d’information touristique se trouve au 23 Grande Rue et renseigne sur les visites guidées et les horaires du moment. Des restaurants et hébergements sont proposés dans les environs, mais les horaires d’un petit bourg suivent parfois la saison : vérifiez directement si vous arrivez tard ou si vous comptez sur une adresse précise.

Accès et découvertes à proximité

La route est le moyen le plus simple de rejoindre Pesmes depuis Gray ou Dole ; un prestataire touristique local situe ces deux villes à environ 20 kilomètres, Besançon à quelque 40 kilomètres et Dijon à une cinquantaine. Ce sont des distances indicatives, pas des durées de trajet. Le Val de Gray est relié par les cars Mobigo depuis Gray à Besançon, Dijon et Vesoul, tandis que les gares SNCF proches sont celles de Dole, Dijon et Besançon. Ces liaisons ne règlent pas à elles seules le dernier tronçon jusqu’à Pesmes : consultez le calculateur régional pour une correspondance, un éventuel transport à la demande et ses règles de réservation, ou prévoyez taxi ou voiture depuis le pôle de transport. Les horaires évoluent, notamment le week-end et pendant les vacances scolaires.

Pesmes forme une étape agréable entre les collines de Haute-Saône et le Jura voisin. Gray offre une ville plus importante au bord de la Saône et d’autres services ; la vallée de l’Ognon ajoute des églises de village, des moulins et des itinéraires au fil de l’eau. L’intérêt n’est pas d’accumuler les labels, mais de descendre de la porte ancienne jusqu’à la rivière et de suivre le fil d’un même cours d’eau qui a servi, selon les époques, à défendre, fabriquer, produire de l’énergie et se détendre. Cette continuité donne à Pesmes son caractère et permet des visites différentes, de la flânerie architecturale à la journée de plein air.

Liens utiles pour préparer la visite