Villejoubert se tient à la rencontre des campagnes charentaises et de la lisière sud de la forêt de la Boixe. La commune est petite et paisible : son caractère se lit moins dans une place animée que dans les chemins, les maisons éparses, les terres cultivées et la longue ligne boisée. L’Insee recense 381 habitants municipaux pour toute la commune dans la population de référence 2023, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 ; la population totale atteint 384 avec trois personnes comptées à part. Ces chiffres portent sur le territoire communal, pas seulement sur le bourg.
Le paysage se comprend particulièrement bien à pied. Le bulletin communautaire de 2024 indique qu’environ 270 hectares de la commune sont boisés et situe Villejoubert entre Angoulême et Ruffec, près de la N10. Il précise aussi qu’il n’y avait alors pas de commerces dans la commune, Saint-Amant-de-Boixe toute proche assurant une partie des services du quotidien. Sur l’itinéraire officiel de la Macarine figure une exploitation agricole au Chalet de la Boixe : la lisière forestière est un espace rural vécu et travaillé, non un parc aménagé. Le même bulletin rappelle un ancien manque d’eau : les habitants devaient s’approvisionner dans les communes voisines. Le château d’eau, alimenté par la source du Puits des Prains à environ 2,5 kilomètres, fut inauguré le 5 août 1934 puis désaffecté en 1984. Cette histoire donne à l’ouvrage une place singulière dans la mémoire du village.
Le castrum d’Andone est le site historique le plus célèbre, mais sa chronologie demande une distinction nette. Les fouilles ont mis au jour des occupations plus anciennes, dont un tumulus funéraire du premier âge du Fer et des vestiges d’époque romaine. La résidence fortifiée elle-même fut construite pour les comtes d’Angoulême dans la seconde moitié du Xe siècle : c’était une résidence comtale du haut Moyen Âge, et non simplement un château gallo-romain. Les recherches situent son abandon vers 1020–1028, lorsque le centre du pouvoir comtal fut transféré à Montignac. Fouillé par André Debord puis réexaminé par l’équipe de Luc Bourgeois, Andone est devenu une référence pour comprendre une demeure aristocratique autour de l’an mil. Le site est protégé au titre des monuments historiques, mais il n’est pas présenté comme une visite libre régulière ; renseignez-vous localement sur l’accès et respectez les limites de propriété et du site.
D’autres traces se découvrent depuis les chemins publics. Dans le bourg, l’église paroissiale Saint-Lazare, ancien prieuré, conserve la cloche de bronze dite Marie, datée de 1634 et protégée au titre objet depuis 1944. Près d’Andone se trouve le logis de la Barre : le ministère de la Culture mentionne le fief dès 1487, date la campagne principale de construction de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle et confirme que la propriété est privée et protégée depuis 1990. On l’observe depuis le sentier balisé, sans entrer dans la propriété. En forêt, les ruines de la chapelle de la Macarine, du XIIe siècle, sont elles aussi privées. L’office de tourisme les situe à l’emplacement supposé de l’ermitage de saint Amant : c’est une hypothèse historique locale ; les récits d’un ancien sanctuaire païen relèvent de la tradition et ne sont pas établis par l’archéologie.
Deux boucles balisées partent de la place Jean-Moulin. Le sentier jaune de la Macarine mesure 10 kilomètres et demande environ 2 h 30 ; celui de la Barre fait 7,5 kilomètres pour environ 1 h 50. Les pages officielles indiquent un stationnement, un accès gratuit et une ouverture toute l’année pour la boucle de la Macarine ; le bulletin intercommunal signale aussi un parcours de géocaching Terra Aventura et des hébergements en gîte ou en chambre d’hôtes. L’itinéraire de la Barre emprunte la D114 sur une portion : restez prudent aux traversées et le long de la chaussée. À proximité, Saint-Amant-de-Boixe ajoute une abbaye et un espace d’interprétation de l’architecture romane. Avant de partir, téléchargez le tracé GPX à jour et vérifiez l’état des chemins, les restrictions d’accès ainsi que les horaires de la mairie et de l’abbaye.