Arlempdes est une commune de la Haute-Loire méridionale, là où la jeune Loire contourne un escarpement volcanique. Les ruines du château couronnent un dyke de basalte au-dessus du fleuve et le bourg semble prolonger le rocher. L’échelle est celle d’un tout petit village : l’Insee a compté 156 habitants dans l’ensemble de la commune en 2023. Ce chiffre concerne tout le territoire municipal, pas seulement le groupe de maisons de pierre près de la poterne. On vient pour la rencontre entre géologie, gorges fluviales et vestiges médiévaux ; une visite plus attentive prend aussi le temps de l’église, de l’ancienne entrée et des chemins qui se prolongent au-delà du belvédère.
Une forteresse dont les débuts restent en partie incertains
L’association qui sauvegarde le château signale 1267 comme la plus ancienne mention écrite connue de la forteresse, alors décrite comme un fief des barons de Montlaur relevant des évêques du Puy. Le site pourrait être plus ancien : le style architectural de la chapelle a été rapproché du XIe siècle, voire du Xe, mais il s’agit d’une datation stylistique, pas d’une date de fondation établie. La lignée des Montlaur, puis ses alliances avec les Poitiers-Valentinois, ont marqué la seigneurie. Diane de Poitiers, née dans cette famille en 1499, a ensuite porté le titre de « dame d’Arlempdes » ; ce lien appartient à l’histoire documentée du château, sans prouver qu’elle y ait résidé en permanence.
La forteresse change de mains et connaît plusieurs occupations pendant les conflits religieux du XVIe siècle. En 1633, Pierre de Serres l’achète et entreprend des travaux avec son frère Just, évêque du Puy, qui utilise la résidence. La propriété passe ensuite à la famille de Laval. L’état actuel raconte à son tour une histoire : l’ensemble est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926 ; une association de sauvegarde l’acquiert en 1963 et poursuit les restaurations. La visite porte sur des ruines où subsistent murs, tours, salle des gardes et chapelle, non sur un palais meublé.
Du fleuve au château, à travers le village
La poterne fortifiée ouvre sur le bourg et l’église romane Saint-Pierre, dont l’état actuel comprend des remaniements ultérieurs. À proximité, un calvaire en pierre sculptée est associé au XVe siècle. La montée vers le château suit l’éperon ; les sols anciens sont irréguliers et nécessitent de bonnes chaussures ainsi qu’un peu de prudence. Depuis l’enceinte supérieure, la Loire décrit un méandre sous les falaises basaltiques : le paysage fait partie de la visite, au même titre que les pierres. Plusieurs itinéraires balisés traversent la commune ou ses environs, dont le PR 154, La Roche des Bonnes-Dames dans le bois, ainsi que de plus longs GR le long de la Loire et dans le Velay. Il est préférable de vérifier l’état des sentiers avant le départ.
Un séjour rural à préparer
Arlempdes n’offre pas les services d’une ville. Le château appartient à l’association ASACHAR qui en assure l’entretien ; ses informations visiteurs indiquent que les billets pour la visite libre se retirent au bar-restaurant Le Manoir, dans le village. Pour la saison 2026, l’association annonce une ouverture du 21 mars à la mi-octobre, sauf le lundi, et recommande d’appeler avant la visite. Le cadre rural et la randonnée constituent une part importante de l’expérience ; Le Puy-en-Velay, tout proche, concentre davantage de services et possède une gare ferroviaire. Arlempdes se trouve à environ 27 kilomètres par la route au sud du Puy. En voiture, suivre les panneaux depuis Costaros. En transports publics, vérifier soigneusement les cars régionaux et le dernier trajet : les informations officielles consultées ne confirment pas de car direct jusqu’au village. Avant de partir, contrôler les jours d’ouverture, l’état des routes et les horaires.