À La Romieu, dans le Gers, une église médiévale continue d’organiser les rues du village. Les marcheurs qui traversent la Gascogne sur les chemins de Saint-Jacques y trouvent une étape liée à deux itinéraires : la commune signale le GR 65 venant du Puy et le GR 652 depuis Rocamadour. L’Insee a compté 547 habitants dans l’ensemble de la commune à son recensement de 2022 ; ce nombre concerne le territoire communal, et non le seul bourg autour de la collégiale. L’échelle est rurale, mais La Romieu ne se résume pas à un monument : ses chemins, ses hébergements, ses lieux de restauration, ses rendez-vous locaux et ses jardins donnent de bonnes raisons d’y faire halte.

La collégiale d’un cardinal du pays

Le tournant le mieux documenté de l’histoire locale est l’arrivée d’Arnaud d’Aux, noble gascon devenu un haut dignitaire de la cour pontificale. De 1312 à 1318, il fait construire l’ensemble collégial Saint-Pierre : l’église, le cloître et une résidence pour le cardinal et sa suite. En 1317, le pape Jean XXII autorise la réorganisation qui transfère à la nouvelle église les droits de l’ancien prieuré. L’ampleur du chantier explique pourquoi ce petit bourg prend alors une place remarquable dans la région. Le gothique méridional de l’église, la géométrie calme du cloître et la tour conservée de la résidence cardinalice éclairent les différentes facettes de ce projet.

La visite ne se limite pas à la façade. On découvre une église à nef unique, le cloître gothique, une sacristie ornée de peintures murales du XIVe siècle et deux tours. L’une abrite un escalier à double révolution ; l’autre, octogonale, s’élève au-dessus du clocher carré. La mairie annonce environ 45 minutes à une heure pour une visite libre et près d’une heure quinze avec un guide. Certains accès peuvent être modifiés par les travaux de conservation commencés en 2023 : renseignez-vous avant de prévoir la montée dans les tours. L’ensemble fait partie de l’inscription des Chemins de Saint-Jacques réalisée en 1998 ; cette reconnaissance concerne un itinéraire de pèlerinage plus vaste et ne transforme pas chaque récit local en fait historique.

Entre histoire documentée et chats de légende

La page d’histoire de la commune rapproche Romieu du mot gascon désignant un pèlerin et rapporte une tradition de fondation par des moines revenus de Rome. Il s’agit d’un récit local des origines ; les repères les plus solides pour le grand monument sont le chantier de 1312–1318 et l’acte pontifical de 1317. La même prudence s’impose pour les chats célèbres de La Romieu. La mairie présente explicitement l’histoire d’Angéline comme une légende : dans un décor médiéval, une famine menace le village, une jeune fille protège des chats, puis les animaux contribuent à sauver la communauté. Les sculptures de pierre qui ponctuent les ruelles donnent envie de partir à leur recherche, mais l’histoire relève du folklore et non d’un épisode vérifié. À proximité, l’ancienne porte de la Fontaine et la forme de la place évoquent un bourg autrefois ceint de remparts ; la commune mentionne trois portes historiques et indique que celle de la Fontaine a conservé son aspect ancien.

Jardins, vie locale et étape pour les marcheurs

Les jardins de Coursiana offrent une respiration différente de la visite monumentale. Le domaine familial réunit quatre espaces : un jardin à l’anglaise, un potager, un arboretum et une collection de plantes médicinales et aromatiques. On y trouve aussi une pépinière et une boutique, ainsi qu’un salon de thé qui propose des produits préparés avec les fruits du verger. L’ouverture est saisonnière et les propriétaires publient les horaires et tarifs à jour : mieux vaut les consulter avant de faire le déplacement. Dans le village, l’annuaire municipal recense chambres d’hôtes, gîtes et hébergements pour pèlerins, ainsi que des restaurants. La commune conserve une école, des services de proximité et un calendrier associatif ; une nuit sur place permet de la découvrir après le départ des excursionnistes.

L’Insee dénombre 27 établissements employeurs dans la commune à la fin de 2024. L’agriculture, la sylviculture et la pêche forment la catégorie la plus représentée dans ce décompte, suivies notamment par le commerce, les transports et les services. Il s’agit d’établissements, pas de la répartition des emplois des habitants. L’économie reste celle d’un territoire rural où se côtoient exploitations, services du quotidien et accueil des visiteurs. Pour les marcheurs, La Romieu constitue une étape entre des destinations plus importantes comme Condom et Lectoure ; plusieurs chemins balisés parcourent les alentours. Le réseau régional liO propose un calculateur pour combiner car et train. Vérifiez l’itinéraire et les jours de circulation avant le départ, car les dessertes rurales et les ouvertures saisonnières demandent un peu d’anticipation.

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