Grignan domine la plaine cultivée de la Drôme provençale. Ses ruelles de pierre se serrent sous un château visible depuis les champs et les collines alentour. La commune est petite, mais bien vivante : l’Insee y dénombre 1 596 habitants à l’échelle municipale en 2023. On la découvre souvent par le souvenir de Madame de Sévigné ; une visite plus attentive révèle aussi l’histoire de ses institutions, une campagne productive et les services quotidiens d’un bourg qui ne se réduit pas à son palais.

Un bourg castral étendu au-delà de ses remparts

La commune mentionne le bourg castral dès 1105. La famille des Adhémar marque ensuite son histoire médiévale et détient définitivement la seigneurie à partir de 1239. Le village demeure longtemps à l’intérieur de ses remparts. Au milieu du XVIe siècle, il s’étend avec la création de faubourgs, de la promenade du Mail et d’une halle aux grains, à l’emplacement de l’actuelle mairie. La collégiale Saint-Sauveur est édifiée entre 1535 et 1542 contre le rocher du château. Cette chronologie permet de comprendre le centre ancien comme un ensemble façonné par plusieurs époques, par le pouvoir seigneurial, le commerce et les usages publics, plutôt que comme un décor médiéval figé.

Le château, les lettres et les traces d’une reconstruction

Les premiers aménagements défensifs du promontoire remontent au XIe siècle. Les Adhémar transforment la forteresse en résidence Renaissance, puis le comte François de Castellane-Adhémar remanie l’ensemble au XVIIe siècle. Son mariage, en 1669, avec Françoise-Marguerite de Sévigné fait entrer la marquise dans l’histoire du lieu. Elle séjourne plusieurs fois auprès de sa fille et de son gendre ; elle meurt au château en 1696, lors de son troisième séjour, et est enterrée dans la collégiale. Leur correspondance donne ensuite à Grignan une place singulière dans l’histoire littéraire française.

Le château actuel porte également la marque de la rupture révolutionnaire. Confisqué et pillé, il est en partie démantelé. Léopold Faure achète les ruines en 1838 et s’attache à préserver le site ; Marie Fontaine entreprend une vaste reconstruction au début du XXe siècle. Le Département de la Drôme en est propriétaire depuis 1979. Le château est aujourd’hui un monument protégé et un musée, avec des salles, des collections et une programmation culturelle. En 2026, sa saison commémore également le quatre-centième anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné.

Du Mail aux sentiers de Rochecourbière

La promenade peut commencer au Mail, créé en 1550, puis traverser les rues anciennes vers la porte fortifiée du Tricot, le beffroi et l’escalier du château. La collégiale Saint-Sauveur, accrochée au rocher, offre un autre point de vue sur cet habitat construit autour de l’éperon. Le parcours communal signale aussi le lavoir du XIXe siècle et la fontaine Sévigné. À la sortie du bourg, Rochecourbière est un abri calcaire ombragé que l’histoire locale associe aux promenades estivales de la comtesse. Un sentier de découverte reprend le tracé de l’ancien tramway : deux boucles de 2,5 et 4,5 kilomètres sont reliées au village par un cheminement de 1,5 kilomètre. On y voit comment vignes, bois, truffières et lavandes composent le paysage autour du patrimoine bâti.

Une campagne productive et des services ouverts aux visiteurs

Les paysages façonnent aussi l’économie. La commune met en avant le vin, la lavande et le lavandin, les truffes, les produits du terroir et les espaces boisés. Son annuaire recense plus d’une centaine d’entreprises commerciales et artisanales : commerces alimentaires, ateliers, hébergements, restaurants, services de santé et activités de proximité. Le marché hebdomadaire se tient au Mail. L’office de tourisme du Pays de Grignan, installé à la Maison de Pays, renseigne sur les manifestations, les hébergements, la restauration et les excursions dans les communes voisines.

Venir à Grignan et rayonner dans le pays

Grignan se situe entre Montélimar et Nyons. Les informations du château indiquent 26 kilomètres jusqu’à Montélimar, principale gare ferroviaire proche. Depuis la gare, les voyageurs peuvent rejoindre la gare routière puis prendre un car régional sur le corridor D36/X71, qui passe par Grignan en direction de Nyons. En voiture, la commune signale les sorties 18 ou 19 de l’A7 et les routes départementales vers le village. Montélimar, Nyons, Valréas et les autres communes du Pays de Grignan permettent de prolonger la journée ; les distances rurales et les services varient selon la destination. Il est prudent de vérifier les horaires de car, les conditions d’ouverture du château et l’état saisonnier des sentiers avant le départ.

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