Gerberoy est une petite commune perchée au cœur de la Picardie Verte, à une trentaine de kilomètres de Beauvais et à environ soixante d’Amiens. La mairie situe le village à 188 mètres d’altitude, au-dessus d’un paysage rural que l’on devine depuis les ruelles anciennes. L’Insee a compté 82 habitants dans toute la commune au recensement de 2023 : Gerberoy reste un lieu de vie avec une population permanente très réduite, et non un décor créé pour les visiteurs. Son image la plus connue — des rosiers grimpant sur les maisons à colombages, de brique et de silex — change avec les saisons. La floraison est la plus généreuse au printemps et au début de l’été, mais les rues et les jardins racontent le village toute l’année.
Une place frontière devenue village-jardin
Sa position explique le rôle médiéval de Gerberoy. Le bourg se trouvait aux confins historiques du Beauvaisis, de la Normandie et des terres autour de Paris. L’histoire municipale décrit une place fortifiée disputée au fil des guerres et des sièges. En 1202, sous Philippe Auguste, Gerberoy reçoit le titre de « ville ». La mairie met en avant la bataille de 1435 : les capitaines français La Hire et Xaintrailles défendent alors la place face à une force anglaise pendant la guerre de Cent Ans. La forteresse et l’essentiel de la fonction militaire ont ensuite disparu. Aujourd’hui, on en lit encore la trace dans la collégiale, quelques éléments des remparts, le tracé irrégulier des rues et des maisons réoccupées longtemps après les combats.
Le caractère actuel s’est construit bien plus tard. Henri Le Sidaner s’installe à Gerberoy au début du XXe siècle et compose un jardin en terrasses sur l’ancien site du château. La mairie explique que son exemple encourage les habitants à planter des rosiers devant leurs maisons et contribue au renouveau du village. Créée en 1928, la Fête des Roses transforme cette pratique partagée en rendez-vous local. Elle se tient autour du premier dimanche de juin ; la date et le programme changent chaque année.
Parcourir les ruelles, la collégiale et les jardins
Il faut regarder les matériaux autant que les fleurs : les maisons des XVIIe et XVIIIe siècles associent colombages et torchis, brique et silex, dans une architecture régionale. La collégiale Saint-Pierre s’élève près de l’ancien donjon disparu. Selon le récit municipal, une première église est construite en 1015 ; elle brûle en 1419 et est reconstruite entre 1451 et 1468. À l’intérieur, la nef voûtée de bois, les stalles, les tapisseries et les vitraux donnent à l’édifice un intérêt plus discret que son extérieur ne le laisse attendre. Les remparts sont devenus une promenade arborée qui offre des vues sur le jardin de Le Sidaner et la vallée.
Le jardin Henri Le Sidaner couvre environ 4 000 m² sur trois niveaux reliés par des sentiers escarpés, des terrasses et une pergola. Ses compositions intimes se découvrent mieux en prenant son temps. Le Jardin des Ifs propose une autre expérience : la mairie met en avant ses ifs monumentaux taillés et ses visites saisonnières, avec salon de thé et restaurant. Le musée communal, les galeries et les ateliers d’art complètent la promenade, mais plusieurs lieux n’ouvrent qu’une partie de l’année. Vérifiez les horaires avant d’organiser la journée autour d’un site précis ; le jardin Le Sidaner peut fermer en cas d’intempéries.
Les services d’une petite commune
L’annuaire municipal recense des restaurants, salons de thé, chambres d’hôtes, galeries et ateliers d’artisans, avec des activités saisonnières. Le Logis de Gerberoy annonce cinq chambres ouvertes toute l’année ; d’autres adresses de restauration et jardins ont une saison plus courte. Le tourisme culturel soutient une partie de l’activité, mais Gerberoy demeure une communauté résidentielle de très petite taille. L’office de tourisme de la Picardie Verte est installé dans le village et renseigne sur les promenades et les visites de groupes. Un itinéraire de randonnée relie Gerberoy à Songeons et Lachapelle-sous-Gerberoy ; l’intercommunalité situe à Songeons, à environ deux kilomètres, une aire de camping-cars avec services.
Venir et prolonger la découverte
La voiture est le moyen le plus simple pour visiter Gerberoy. L’office de tourisme donne des distances approximatives de 30 kilomètres depuis Beauvais, 60 depuis Amiens et 90 depuis Paris ; un parking se trouve à l’entrée du village. Le réseau régional comprend une liaison d’autocar entre Beauvais et Songeons, mais elle ne dessert pas directement le centre de Gerberoy : vérifiez les jours et horaires, puis prévoyez les deux derniers kilomètres depuis Songeons. Beauvais constitue la porte ferroviaire la plus pratique, avec des trains vers Paris ; contrôlez les correspondances avant le départ. Une visite paisible associe le cœur ancien, la collégiale et les jardins. Pour marcher plus longtemps, suivez l’itinéraire rural vers Songeons. Confirmez l’ouverture des restaurants, du musée et des jardins pour votre date de passage.