À Autun, le plan d’une capitale romaine, une cathédrale médiévale et un marché vivant se côtoient au sud du Morvan. Son nom antique, Augustodunum, rappelle une fondation voulue : après la conquête romaine des Gaules, les Éduens transfèrent leur centre politique de Bibracte, sur le mont Beuvray, vers une vallée mieux reliée aux routes. Autun n’est pourtant pas un décor arrêté au temps des ruines. Sous-préfecture de Saône-et-Loire, elle rend des services aux bourgs alentour et ouvre un passage entre les vignobles bourguignons et les collines boisées du Morvan.

La commune compte 13 172 habitants selon le recensement municipal de 2023, chiffre correspondant à Autun dans ses limites communales actuelles. L’INSEE donne aussi une population totale de 14 175, qui comprend 1 003 personnes comptées à part : les deux mesures ne sont pas interchangeables. Le Grand Autunois Morvan rassemble 55 communes. L’économie locale associe services et commerce, industrie et sous-traitance, bois, agriculture et activités environnementales. La Ville cite notamment la bonneterie DIM, le mobilier Tolix et la logistique de Nexans; le dossier local de l’INSEE offre une lecture statistique plus large. Cette réalité de ville habitée compte pour le visiteur : commerces, écoles, hôpital, équipements sportifs et marché maintiennent l’activité au-delà des saisons touristiques.

Une capitale romaine, un territoire plus ancien

Augustodunum est aménagée à l’époque d’Auguste, à la fin du Ier siècle avant notre ère. Les archéologues expliquent le transfert depuis Bibracte par le passage d’un oppidum de hauteur à une ville de vallée, mieux connectée aux routes et aux échanges. Les raisons ont pu être politiques, économiques et religieuses, mais aucune cause unique n’est démontrée. La présentation patrimoniale municipale décrit une nouvelle capitale des Éduens dont les monuments expriment le prestige de Rome. Hors les murs, à la Genetoye, un sanctuaire gaulois existait déjà plusieurs siècles auparavant; cette occupation ancienne ne doit pas être confondue avec la fondation de la ville romaine.

Les vestiges rendent lisible l’urbanisme antique au fil d’une promenade. Des portions de l’enceinte romaine, les portes monumentales d’Arroux et Saint-André, le théâtre, le monument funéraire de Couhard et les ruines couramment appelées temple de Janus jalonnent la ville et ses abords. La porte d’Arroux se trouvait sur l’accès nord du grand axe nord-sud. Ses arcades et ses pierres ouvragées donnent à voir un seuil de représentation autant que de contrôle. Les portes, les rues et les remparts forment un projet urbain; ils ne sont pas des monuments isolés les uns des autres.

Le théâtre permet de prendre la mesure d’Augustodunum. Les sources patrimoniales locales lui attribuent un diamètre de 148 mètres et le décrivent comme le plus vaste théâtre romain de Gaule. Seuls les gradins inférieurs et l’orchestra sont conservés; le reste se recompose par l’imagination. Le temple dit de Janus réserve une autre leçon. Les archéologues emploient désormais cette appellation avec prudence : le dossier du temple dit de Janus explique qu’une offrande mise au jour mentionne le dieu indigène Ieniecus et que le service archéologique de la Ville juge fausse l’attribution à Janus, probablement issue d’une mauvaise interprétation du nom Genetoye. Le sanctuaire commence par des bâtiments de terre et de bois aux IIIe ou IIe siècles av. J.-C., avant de prendre une forme monumentale sous Rome. La recherche peut corriger un nom familier sans amoindrir la force du monument.

Un programme associant le service archéologique municipal, l’Inrap, des universités, le CNRS et Bibracte a documenté à la Genetoye un sanctuaire civique éduen et un quartier artisanal jusqu’alors mal connu. Les recherches portent aussi sur un second théâtre extra-muros. Une grande partie du site reste enfouie; le récit distingue donc les découvertes des hypothèses encore ouvertes.

Du quartier cathédral aux rues de marché

L’Autun médiévale ne se réduit pas à un décor ajouté à Augustodunum. Le quartier cathédral se développe sur les hauteurs, tandis que Marchaux et la ville basse s’organisent autour des échanges, des ateliers et de l’Arroux. Saint-Lazare est construite à partir du début du XIIe siècle comme église de pèlerinage liée à des reliques attribuées à Lazare. Son décor roman justifie à lui seul la montée : le tympan du Jugement dernier et les sculptures associées à Gislebertus invitent à regarder les visages, les gestes et les détails. Le culte des reliques appartient à l’histoire de la foi; l’église et les sculptures constituent le patrimoine matériel que l’on peut observer.

En face de la cathédrale, l’Espace Gislebertus introduit l’histoire de la ville par une maquette et des dispositifs numériques, dont un film qui aide à lire le tympan. Les rues voisines conservent des maisons à pans de bois, des passages étroits et plusieurs strates d’architecture religieuse et civile. Plus bas, le passage couvert, l’hôtel de ville et le théâtre à l’italienne de la place du Champ-de-Mars témoignent des siècles qui ont relié les deux pôles médiévaux par une ville moyenne. L’ancien collège des Jésuites, devenu lycée Bonaparte, a accueilli Napoléon et son frère Joseph lorsqu’ils étaient jeunes.

Le musée Rolin est essentiel à l’histoire artistique d’Autun, mais il faut tenir compte de sa fermeture. Il est fermé depuis octobre 2022, le temps de réunir l’hôtel Rolin et l’ancienne prison dans le projet du Panoptique. Le calendrier municipal vise une fin des travaux à la fin de 2029 et une ouverture au public en 2030. Pendant les travaux, une sélection de chefs-d’œuvre est visible au Muséum d’histoire naturelle Jacques de La Comble, tandis que les équipes du patrimoine poursuivent leurs activités sur d’autres sites. Vérifiez les lieux d’exposition et les ouvertures avant de venir; les fouilles préalables ont elles-mêmes révélé de nouvelles strates d’histoire sous l’extension.

Marchés, services et Morvan tout proche

Le marché donne à voir l’échelle quotidienne d’Autun. La Ville annonce des marchés les mercredis et vendredis, de 7 h à 13 h, sous les halles de l’hôtel de ville et sur le parvis; le vendredi, des stands s’étendent également vers le Champ-de-Mars, selon la saison. Producteurs, commerces alimentaires et achats ordinaires occupent les mêmes rues. Les foires de la Saint-Ladre, les 1er mars et 1er septembre, sont des rendez-vous commerciaux et agricoles plus importants. Consultez le calendrier municipal des marchés et foires pour les horaires, accès et emplacements de l’année.

Autun sert aussi de base au Morvan, même si les transports publics dans les campagnes demandent de l’organisation et qu’une voiture offre davantage de liberté. L’office de tourisme répertorie randonnée, vélo, VTT, équitation, pêche et activités nautiques dans le territoire. Ses itinéraires à vélo incluent une boucle cyclo de 55,5 kilomètres au départ d’Autun, ainsi qu’un tronçon exigeant de 40,7 kilomètres de la Grande Traversée du Massif Central entre Autun et La Tagnière. Ces parcours s’adressent à des visiteurs préparés : téléchargez les tracés et vérifiez météo et état du terrain.

Le mont Beuvray et Bibracte forment l’excursion qui complète le mieux l’histoire d’Autun. Bibracte est l’ancienne capitale éduenne de hauteur, distincte d’Augustodunum. Son site archéologique et son musée présentent la vie celte et des fouilles qui se poursuivent dans un environnement forestier; les périodes d’ouverture varient selon la saison. De retour à Autun, une journée peut relier portes et théâtre antiques, quartier cathédral et halte au marché ou au bord de l’Arroux. Un séjour plus long laisse le temps d’ajouter Bibracte et les chemins du Morvan.

Comment venir

La gare d’Autun est un pôle de mobilité, mais les départs affichés actuellement se font en autocar plutôt qu’en train de voyageurs direct. La page des horaires Mobigo en vigueur depuis le 1er septembre 2026 liste la ligne 129 entre Autun et Dijon, la 706 vers la gare TGV du Creusot-Montceau, ainsi que des liaisons vers Chalon-sur-Saône, Chagny et Château-Chinon. L’office de tourisme estime le trajet en autocar à environ 50 minutes depuis Le Creusot TGV; en voiture, il faut compter une trentaine de minutes. Autre possibilité : prendre le train jusqu’à Étang-sur-Arroux, puis un autocar Mobigo pour Autun. La fiche TER d’Autun signale des services urbains et des autocars, et celle d’Étang-sur-Arroux des trains vers Dijon, Nevers et Montchanin. Les horaires et perturbations évoluent : vérifiez les informations Mobigo et SNCF le jour du déplacement. Une fois en ville, le réseau « Ça roule » combine une ligne urbaine et des services sur réservation, dont du transport à la demande.